jeudi 14 février 2013

Dimanche.. Jour de messe.

Dimanche, 13H58..
Dans 2 minutes, son bilan individuel.
Chaque objet connecté: ordinateur, téléphone, télé, radio.
Tous sonneront à l'unisson pour lui rappeler le compte rendu de sa semaine.
Le sermoner. Autrefois les prêtres s'en chargeaient, du haut de leur chaire..
Et ça marchait ou presque.. Dimanche, la messe est dite.
Le bigot ou la bigote rentre à la maison, se sentant léger et purifié.
Il ou elle a méprisé le mendiant à la sortie.
Celui qui est, selon le catholicisme, un possible Christ qu'il faut accueillir.
Les religions étaient devenues trop communautaires, trop divisées, trop poussièreuses et même trop abstraites.
Il fallait trouver l'Universel, l'équation idéale pour caresser chacun dans le sens du poil.
Le rendre dépendant à cette caresse au point de lui faire oublier qu'il bouffe de la merde avec un doigt bagué dans le cul.
Tout était si lisse, si prévisible, si calculé.
Tout le talent était de faire croire que c'était la liberté.
Liberté de dire, de lire, de montrer, d'être.
Loin d'être cons, ils en ont fait un business.
Tu veux faire plier quelqu'un? comble ses manques et valorise ses faiblesses.
Fait lui croire que pour chacun de ses problèmes, Tu as la solution.
Mieux! Tu les résoudras sans qu'il ait à lever le ptit doigt.
Fast solution.

Dimanche, 13h59..
Tout appareil éteint. Peine perdue.
Comme l'intro de Time par Pink Floyd, tous se mettraient à sonner ensemble une sorte de glas.
Tous allaient sonner la gloire de notre connerie, de notre crédulité. De notre moutonnerie!
Beaucoup avaient cru se révolter et changer les choses aux 4 coins du monde.
Récupérés par le néo tout puissant, il subsistait une masse grandissante de clodos et d'ermites.
Véritables paraïas, insultes au bon déroulement du "rêve humaniste et universel", Ils étaient chassés, voire éliminés.
Dans son immense bonté, le néo tout puissant tendait une main pour mieux abattre l'autre.

Dimanche,14h..
Le téléphone vibra, la télé s'alluma, l'ordinateur signala des réceptions de mails sur toutes ses adresses.
La radio se tut pour laisser place à ce signal particulier. Enième réflèxe savamment inculqué..
Le glas.. Un jugement dernier avant l'heure..
Mais hebdomadaire. L'enfer.
Calculée à l'extrême, une voix féminine suave et douce mais avec quelques pointes d'autorité commença:
"Monsieur, voici votre bilan hebdomadaire. Ce message est de la plus haute importance pour vous et votre entourage.
Merci d'y être attentif. Tout manquement ou rejet serait dommageable pour vous.
Votre bienêtre est notre priorité.
Vous aider, notre combat.
Monsieur, avant toute chose nous nous inquiétons pour votre santé, malgré nos avertissements vous continuez
à fumer tabac et cannabis. Votre consommation d'alcool dépasse le seuil légal de zéro.
Par ailleurs vous ne semblez pas vous plier aux impératifs d'une société saine et docile. Vos consultations internet
convergent vers d'obscurs groupes, qui sont je vous le rappelle, peu recommandables à nos yeux omniscients..
Vos listes de courses et votre temps de télé montrent un "je m'en foutisme évident".
Vous êtes seul et nos sources prouvent votre non-vouloir de construire.
Votre note de citoyen est abaissée une fois de plus.
Nous ne tarderons plus à vous considérer comme dissident.
Resaisissez vous! Nous avons besoin de vous!
Bonne journée Monsieur
Nous sommes avec vous."
Blip....



Peuple de l'herbe "Parler le fracas"
Réalisé par des collègues..

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